Boîte noire

La boite

On ne lit pas à livre ouvert dans l’esprit des inventeurs : l’esprit est une boîte noire. Qu’il s’agisse du fil à couper le beurre ou de la turbine Guimbal, l’invention doit se lire dans les « traces ». La psychologie de l’invention technique suppose donc une forme d’archéologie, et le sujet de l’invention, qu’il soit individuel ou collectif, laborieux ou génial, est toujours un sujet reconstruit à travers ses objets – un sujet technologique plutôt que psychologique. Ainsi la psychologie se confond finalement avec une phénoménologie des objets techniques dont les chemins ne cessent de recroiser ceux de la technologie et de l’histoire des techniques. Mais elle n’est pas séparable non plus d’une ontologie qui interroge le « mode d’existence » de l’objet technique à partir de ce qui fait proprement sa technicité (suite de chemin-machine)
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La Boîte Noire en informatique a un sens bien précis. voir ici
Mise dans l’espace de la galerie, c’est une belle mise en abîme.
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Black Box, 1998
Métal laqué, câbles électriques, voyants verts, 3 ordinateurs et 3 consoles, programme « Sowana », 183x183x183 cm, dimensions variables selon installation, collection Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur/Yoon-Ja et Paul Devautour

Paul Devautour, Invisibilité de l’art en réseau

Dans la nouvelle économie de l’information, toutes les pratiques culturelles peuvent être réduites et valorisées en tant que sources monnayables de contenus numérisés. L’état gazeux de l’art (selon la formule d’Yves Michaud) pourrait n’être que la conséquence d’une adaptation de l’art aux exigences du marketing. Mais pour décrire utilement les enjeux de cette apparente disparition des oeuvres, il faut utiliser le vocabulaire des nouvelles technologies. Parlons de compatibilité plutôt que de disparition. Parlons d’interopérabilité. Disons que la pratique artistique « supporte » (au sens informatique) toutes les pratiques culturelles. Mais si l’art devient compatible, il n’en reste pas moins autonome, sauf à tomber dans le piège de l’industrie culturelle en fonctionnant comme un sous-programme du contrôle social. Il s’agit d’essayer de comprendre pourquoi la pratique artistique peut adopter aujourd’hui une forme paradoxale d’invisibilité.

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