Parties molles

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(suite Spinoza/lentilles)

On pensera enfin au « petit traité du corps » inséré dans le deuxième livre de l’Ethique, à partir de la proposition 13 : chaque corps, union stable de corps instables, est composé de parties molles, solides ou fluides. Tout le travail de la vie, dans son conatus propre, consiste en ce qu’un fluide imprime au cours d’opérations répétées une certaine forme à une partie molle. Ce modèle de l’érosion engendre un corps conçu comme vestige d’un lent travail : à tout prendre, Spinoza ne semble-t-il pas penser le corps lui-même sur le modèle du polissage d’une lentille ? Et si le corps est pensé sur le modèle du polissage d’une lentille, parallèlement l’âme elle-même sera pensée comme la lentille qu’il faut polir. Il faut avoir conscience des limites de notre sens de la vision, et procéder à son épuration, afin d’accéder au « visible » éthique. Tout le travail de Spinoza est alors de nous apprendre à réduire la part de l’ignorance et de la non-conscience en nous — nous apprendre à être actifs, c’est-à-dire à être cause adéquate de nos affects. « Je dis que nous sommes actifs, quand, en nous ou hors de nous, quelque chose se fait dont nous sommes la cause adéquate, c’est-à-dire quand, en nous ou hors de nous, il suit de notre nature quelque chose qui se peut par elle seule connaître clairement et distinctement » (E, III, déf. 2).

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