Examen

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Un examen est l’action de considérer attentivement avec réflexion un objet. C’est une observation analytique limitée dans l’espace et dans le temps.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Examen

3. La création artistique est un travail que l’on veut ignorer en tant que tel
A. Le génie est l’objet d’une croyance

C’est là le sens de la critique nietzschéenne de la notion de « génie » : comment expliquer la genèse d’une œuvre indépendamment d’un travail ? Autrement dit, comment rendre compte rationnellement de la notion de génie ? En tant que telle, dit Nietzsche, il s’agit là d’une notion qui ne peut être expliquée – car pourquoi certains hommes seraient-ils investis d’un don, et pas d’autres ? Et si nous ne pouvons pas l’expliquer, pourquoi devrions-nous accepter de croire à l’idée de « génie » ? En réalité, dit Nietzsche, le génie ne correspond à aucune réalité, et il faut chercher l’origine de cette croyance en se demandant à quel besoin elle répond – car toute croyance, suppose-t-il, a pour origine un besoin.
B. Cette croyance nous rassure

Qu’est-ce qui explique notre croyance au génie ? Tout d’abord, dit Nietzsche, il est profondément rassurant, pour des hommes fondamentalement médiocres et paresseux, de croire qu’il existe, au-delà de cette humanité moyenne, une humanité supérieure, quasi-divine, élue sans que l’on sache pourquoi ni comment. Car ces « élus » inspirés que seraient les génies ne sont donc pas à notre portée, mais distincts de nous par nature : ce qui rend inutiles nos efforts pour les rejoindre, et nous dispense de les jalouser. Par conséquent, croire au génie, c’est-à-dire croire que l’œuvre d’art provient d’un naturel génial et non d’un travail, nous conforte dans notre paresse, dans notre refus de l’effort.
C. Nous prenons plaisir à croire aux miracles

Par ailleurs, croire au génie nous procure un plaisir enfantin : c’est que, dit Nietzsche, nous aimons croire aux miracles, c’est-à-dire aux faits qui se produisent sans qu’on puisse leur assigner de cause. Il s’agit là d’un plaisir enfantin, qui nous porte à croire à ce qu’on n’est pas en mesure d’expliquer. Ainsi, nous préférons croire que la création artistique est facile et engendrée spontanément par le génie, que d’envisager l’art dans sa dimension laborieuse. Mais derrière la perfection de l’œuvre, dit Nietzsche, ce que nous ne voulons pas voir, comme des enfants refusant de voir le mécanisme à l’œuvre à l’intérieur d’un pantin, c’est la genèse de l’œuvre, à savoir l’effort, l’échec, le tri opéré par l’artiste au sein des techniques et des matériaux, et, au final, le labeur nécessaire à la réalisation de l’œuvre.
Conclusion

En définitive, la création artistique est bien un travail, travail spécifique puisque visant l’expression d’une singularité, mais qui reste de l’ordre de l’effort, de la pénibilité et, en même temps, du plaisir lié à la réalisation de soi à travers l’œuvre. Séparer la création artistique du travail, c’est finalement nier le processus de réalisation de l’œuvre pour se réfugier dans une conception miraculeuse de l’art que rien ne saurait justifier.

via La création artistique est‑elle un travail ? | Annabac

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