Extase

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ci-dessous un extrait de projet de film qui ne s’est pas achevé avec Josep et Myr (un photographe) qui résonne avec ce que l’on expérimente. Comme un long interlude.

Chroniques prolétariennes 2 : La grande fatigue.

Séquence 0

(contre-jour éclatant)

VOIX OFF

Il y a quelque chose comme une grande fatigue à avoir éprouvé la vision (faudrait-il plutôt parler des visions ? n’y a-t-il un problème de pluralité, de trop des visions, d’excès, foisonnement, prolifération sans puissance, fatigue aussi mais sans embarras ?).

Il faudra peut être partir sur les traces d’une première tentative d’enregistrer des traces, d’une tentative d’exister par les traces qui nous faisaient exister dans un plan. A trois. Nous avions un certain plan, chemin faisant on faisait le chemin, comme disait le poète castillan. Nous étions trois, nous ne sommes que deux aujourd’hui et des fantômes passés et à venir. Il n’en reste pas moins des images, il reste une route déserte, la tristesse d’un ours que nous devions sauver.

Séquence 1

Extérieur Nuit

Une route déserte près de Sangatte

(voiture arrêtée). Comme une sensation d’attente de quelque chose

VOIX OFF :

Il reste ces trois corps qui n’ont pas su assez disparaître. Il reste un problème de puissance et de pouvoir. Mais il reste encore à produire l’appel aux épuisés.

Et là, on recommence. A deux. Chroniques prolétariennes 2. Il y a quelque chose comme une décision entre la prédication et la contemplation qui se pose maintenant pour l’un parmi nous. Pour cela il nous faut un projet, nous qui aimons si peu les projets au fond. Des intentions aussi. Un voilà une : nous allons contempler des portraits qu’il faudrait rendre contemplatifs. C’est par le fond dans lequel s’inscrit le portrait que nous voulons y parvenir peut être.

Et c’est donc peut être dans l’arrière-fond du portrait que nous ne serons ni nous-mêmes ni les autres. En cela nous resterons fidèles à ce que nous voulions être à trois : non pas savoir qui nous étions mais si nous étions et les autres aussi s’ils étaient.

C’est quelque chose comme une quête modeste de l’extase. L’extase de la vision c’est aussi l’embarras nous disions, celui qui vient de faire savoir à autrui ce que c’est que de voir alors qu’en voyant nous ne sommes plus ni nous ni l’autre. Se refaire un soi, comme une petite santé, par l’autre, voici tout des choses bien embarrassantes.

Molloy dit quelque part, toujours à la bordure d’une ville où à la lisière des bois : « Il est bon de savoir où l’on va les premiers temps. Ca vous enlève presque l’envie d’y aller ». Allons nous essayer ? Il faudrait alors faire faire aux autres l’effort de leur vision. Car nous allons avoir à faire à des grands fatigués. Pourquoi, par exemple, les drogués parlant si peu de leurs visions et autant des anciens paysages perdus, négligés, ceux qu’ils auraient pu traverser comme Monsieur Tout Le Monde ? (ça peut paraître idiot d’emblée cette idée que d’être Monsieur tout le monde, on y gagne cependant à entendre dans ce cri le soulagement d’être quelconque, d’être joyeusement irresponsable de son élection).

Nous avons choisi des portraits quelconques, prolétariens. Tout ce film serait alors l’arrière fond où s’inscrit la parole, les gestes, les visions des prolétaires. Nous ne voulons par rendre visible mais apprendre à voir.

Séquence 2

Extérieur nuit

Un paysage quelconque à la tombée du jour.

VOIX OFF :

après le scandale des piaillements étourdissants des oiseaux, là où nous revisitons déjà morts les visions de la veille et où nous aimons avec trop d’intensité cette prolongation comme un sursis, ces images qui s’étirent, grouillent, rebondissent, fuient et se retournent et succombent sans regret dans l’effacement.

Séquence 3

Extérieur jour

Notre ours à sauver (avec ou sans Bartock ?).

VOIX OFF :

Et à nouveau demain des repentirs.

Tout des histoires de l’effacement heureux pour revenir encore.

« Car étant dans la forêt, endroit ni pire ni meilleur que les autres, et étant libre d’y rester, n’étais-je pas en droit d’y voir des avantages non pas à cause de ce qu’elle était, mais parce que j’y étais ? Car j’y étais ».

Séquence 4

Extérieur jour

caméra subjective ? Images en noir et blanc.

Les branches des arbres bougent et s’entendent dans la pénombre.

L’infini pour percevoir le bruit de chaque vie cachée dans la forêt.

Une nuée d’oiseaux qui annoncent le jour.

La caméra fait un tour sur elle-même pour suivre leur tracé sonore.

Séquence 5

Incrustation d’images dans la séquences :

entrée en force dans Mc do, hélicoptère, flics et mouvements des manifestants à Bruxelles, etc.,

que plus tard seraient encore repris dans des séquences complètes telles que nous les avions montés avec Myr dans la version originaire, y compris, peut être le texte. J’aime l’idée de préserver aussi cette première version dans le travail que nous allons faire)

Des yeux changent de couleurs à toute vitesse. (effet spécial)

(il y a dans Vertigo quelque chose comme ça, te souviens-tu ?)

retour séquence 4

A nouveau caméra subjective : la nuée d’oiseaux se fait entendre et vient enfin traverser sa vision.

Un homme, pris d’une grande fatigue, s’endort, le visage tourné vers l’étendue colorée, sa bouche se relâche. Le bruit et la pénombre s’estompent et l’abandonnent seul. l’homme se met à ronfler légèrement.

VOIX OFF :

Le monde est en état de guerre car la guerre c’est aussi le moyen d’en finir avec les luttes. Parce que la guerre c’est l’endroit dans lequel les attributions des places sont radicalement figées, fixées.

La guerre s’arrête avec la désertion. On déserte les champs de bataille pour suivre des traces. Les traces de l’avenir.

Nous sommes partis chercher les traces des foules en mouvement dans les interstices de la guerre, là où il y a la dissidence et les affections de la foule. Les fous de Dieu et les Dieux des fous font partie de la foule. Dieu gît dans les détails, dit Abdallâh le doux fou de Dieu. La Révolution aussi.

(ce texte j’aimerais le remanier)

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