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Friedrich Kittler

Friedrich Kittler,
Mode protégé, Dijon, les presses du réel, 2015. Deux autres ouvrages fondamentaux du même auteur deviennent enfin accessibles aux lecteurs francophones
: Médias optiques. Cours berlinois 1999 , Paris, L’Harmattan, 2015 et Gramophone, Film,
Typewriter (1986), Dijon, Lespresses du réel, à paraître en 2016.

Bien qu’il ne soit pas lié à l’actualité des publications et n’ait pas encore été traduit en français, l’ouvrage théorique Grammophon, Film, Typewriter de Friedrich A. Kittler (dont l’édition originale allemande date de 1986 et sa traduction anglaise de 1999) s’avère suffisamment intéressant – ne serait-ce que par son ambition de croiser histoire technique et réflexion sur les médias – pour que l’on s’y attarde. Par ailleurs, cet opus connaît un tel succès dans la littérature anglo-saxonne qu’il est presque devenu incontournable.

2De la claire apposition présente dans son titre découle une organisation tripartite trois chapitres traitent successivement du cinéma, du phonographe et de la machine à écrire dans une optique qui vise à montrer combien ces techniques apparues à la fin du xixe et au début du xxe siècle, considérées par Kittler sur un plan générique comme des moyens destinés à stocker et à transmettre des informations (qu’elles soient optiques, acoustiques ou écrites) de façon standardisée, ont profondément modifié le rapport de l’homme au réel. Cette conception s’inscrit dans la filiation – revendiquée même si la terminologie diffère – des « ruptures épistémologiques » de Michel Foucault, l’une des références majeures de Kittler avec Jacques Lacan et Paul Virilio (quoique la référence à ce dernier, auquel Kittler succède en remportant également le « Medienkunstpreis » en 1993, soit plus implicite). Pour rendre compte des bouleversements induits par l’émergence de ces nouvelles techniques, Kittler fait appel à ce qui en est peut-être l’effet dans le champ de la théorie la distinction méthodologique ternaire proposée par Lacan entre le Symbolique, le Réel et l’Imaginaire. Sans coller de près aux définitions lacaniennes, Kittler y recourt pour mettre en évidence le passage de l’ère du Symbolique qui caractérisait le texte écrit et la partition musicale à celle du Réel qui débute avec le phonographe, c’est-à-dire avec un moyen de reproduction qui permet un véritable stockage d’occurrences sonores « réelles ». Le médium est considéré dans la matérialité liée à l’inscription de sillons sur un cylindre c’est en ce sens qu’il s’agit pour Kittler de l’empreinte directe du monde réel…

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