Machine à créer le langage entre toi et moi

2029

Corps-sans-organes

Le corps-sans-organes (abrégé en CsO par les auteurs) est un concept développé par les philosophes français Gilles Deleuze et Félix Guattari dans leurs œuvres communes : L’Anti-Œdipe et Mille Plateaux. Gilles Deleuze en avait déjà dit quelques mots dans Logique du sens, en 1969. Cependant, l’expression de « corps sans organes » a tout d’abord été formulée par le poète français Antonin Artaud, notamment dans Pour en finir avec le jugement de dieu.1

Le poète, qui se dit « insurgé du corps », oppose ce qu’il appelle parfois le corps « atomique » au corps anatomique, le corps-tombeau qui enferme les hommes ; il s’agit donc pour lui de « faire danser l’anatomie humaine », le corps sans organes étant un corps-acte qui participe ainsi d’une recréation de l’homme, ce qu’il nomme « l’Homme incréé ».

Clarification du concept CsO

Pour comprendre le CsO il est important de saisir la définition deleuzienne du désir. Dans l’Anti-Œdipe (en 1972), Deleuze et Guattari remettent en cause explicitement la conception psychanalytique du désir. Ce qui constitue le thème central de l’Anti-Œdipe, c’est que, pour Deleuze et Guattari, le désir n’est pas une scène de théâtre (où se joue Hamlet par exemple), mais une usine qui produit sans cesse, qui crée des agencements, qui est cause de déterritorialisation et de reterritorialisation, des agencements machiniques de choses, des machines désirantes. Le désir compris comme usine nous permet dès lors de concevoir les machines désirantes. Car dans la nature et dans tout corps il n’y a que des agencements machiniques, une multiplicité de machines, machine désirante, mais aussi machine-organe, machine-énergie, et des couples, accouplements de machines. Deleuze unit l’homme et la nature au travers d’un processus couplant les machines : « L’homme et la nature produisent l’un dans l’autre »: Paradigme de la coextensivité du corps (dernier avatar du « moi » diront certains) et de la nature, corps intensif, corps immanent traversé de seuils, de niveaux, de vecteurs, de gradients d’intensité.

Le CsO est une production du désir, il s’oppose à l’organisme que nous font les machines désirantes. Le corps souffre de ne pas avoir d’autre organisation, ou pas d’organisation du tout… Le CsO est un corps sans image (« avant » la représentation organique…), une anti-production, mais il est inévitable parce qu’il nous pénètre sans cesse, et sans cesse nous le pénétrons. Le CsO est un programme, une expérimentation et non un fantasme…

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