peurs

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Il y a des peurs qu’on peut comprendre, celles qui ont des bases raisonnables.
Comme la peur de voir les pôles fondre, ou celle qui naît quand on regarde l’étendue de la bêtise dont nous sommes capables.

Mais la peur de l’autre, il me semble que c’est quelque chose qui s’est construit.
Il y en a toujours eu, et on projette souvent sur l’autre des traits de caractère parce qu’on les porte, et que l’on les refoule.
Entre autres facteurs le manque de perspectives, l’incohérence, la limite entre bien commun et bien pour soi, ça semble jouer avec la manière dont on envisage la notion d’accueil.
C’est quelque chose qui existe très tôt, qui naît peut être du fait de ne pas pouvoir faire ce que l’on veut, ce que l’on voudrait faire.
Là il y a quelque chose à voir, il faut se souvenir que la frustration, le sentiment d’injustice, ça devrait être évitable.
Il me semble qu’il y a une grosse partie de ça qui est construite dans ce qu’on a reçu et que l’on transmet.
La valeur du travail, le conformisme, les « on-dit », la forme que prend l’éducation, le rapport d’autorité, …, on élude beaucoup de choses dans les modèles que l’on s’est créé.
Heureusement, comme ça craquelle de partout actuellement, que le modèle prend l’eau,
on a peut être encore une chance.
A mon avis, tout ce qui contribue à casser le moule établi, à le remettre en question va dans ce sens.
Parce que sinon, le repli est inévitable.
C’est un produit dérivé du cocooning, qui est bâti pour régner de manière durable, créer de la consommation. Tout ce qui est coopératif porte une subversion de ce système dominant.
(un objet partagé, c’est un objet en moins)

On ne peut vraisemblablement pas abolir tous les conflits.
Mais il faut être conscient de sa condition – savoir qui on est – pour savoir ce que l’autre imagine de nous, et casser cette image.
Et essayer de partager, tout ce qu’on est, ce qu’on fait, ce qu’on a en trop(et il y en a), pour montrer par l’absurde que les seules valeurs qui comptent au final, elles ne sont pas achetables.

Faire des brocantes gratuites, des ateliers, des lieux de fête, tout est bon, là.
Rien n’est universel, sinon le fait de donner à l’autre.
Il y a des sites de récupération, de don, mais ce n’est pas très visible.

Dans l’art, le don m’apparaît comme crucial, puisque le désir de produire des choses, des idées, du mouvement ,…, ce n’est pas marchand , pour un enfant.
Après, une construction économico-égoiste vient se superposer.
Mais à l’origine, c’est un moyen d’aller vers l’autre, de lui donner de soi.
On peut aussi imaginer se donner à soi même, à l’enfant qu’on a été par exemple, parce que c’est un préliminaire qui aide à se connaître, à savoir ce que l’on veut.
Parfois, il faut se donner le temps de savoir où on se situe à ce sujet.
Il n’y a pas beaucoup d’autres alternatives viables, pour faire de l’art de manière cohérente, à mon avis.

Après, tout est dans le choix du destinataire du don, ne surtout pas en faire une aumône.
Je cherche une méthode (qui ne vaudra peut être que pour moi), celle qui ne faussera pas ça, qui sera bien compréhensible aussi.
Ce n’est pas si facile, de dépasser le cercle des amis, d’aller vers l’autre.

 

 

 

 

 

 

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