Silicium VS Carbone

Tout pourrait partir de ces deux matières qui racontent une partie de nos recherches : le silicium nécessaire à la fabrication des ordinateurs et le carbone (ici un bloc de graphite) nécessaire à la vie. Deux matières noires sous ces formes.

 

(sur le biomimétisme)

Suivre la matière signifie introduire l’intuition dans l’action, connaître la matière et s’efforcer de comprendre de quoi elle est faite : d’éléments qui ne sont ni formels ni formés, mais indéterminés, flous et non définis. Suivre la matière signifie s’approprier cette absence de contours définis, son imprévisibilité et sa contingence.

Les microprocesseurs sont des composantes essentielles de notre environnement électronique, des circuits intégrés dont l’élément de base est le transistor, qui laisse passer ou qui arrête le courant électrique. Le silicium est un cristal que l’on trouve principalement dans les plages de sable, l’élément le plus commun sur la terre juste après l’oxygène. Le monde du calcul, le monde prétendument « immatériel » des données, notre monde hyperconnecté, repose essentiellement sur des critaux de sable. pour produire des microprocesseurs, le silicium est stocké dans des chambres à vide, ensuite empilé dans des lingots qu’on découpe en minuscules lammelles. Grâce à la technique de la photolithographie, sont gravés dans ces surfaces.

En 2014, Intel a produit des transistors à l’échelle nanométrique. De tels exploits dans la miniaturisation révèlent paradoxalement la persistance de la matière au coeur du monde numérique, au même moment où elle semble vouée à disparaître.

On ne peut pas dissocier le 0 et les 1 de l’information des impulsions électriques et du silicium dans lesquels ils se transmettent. En d’autres mots, les systèmes matériels et les systèmes d’information sont interdépendants et on ne peut pas opposer un paradigme mécanique matériel à un paradigme électronique prétendument immatériel.

Les derniers transistors ne mesurent plus que 14 nanomètres et on prévoit qu’il ne dépasseront pas 5 nanomètres à l’horizon 2020. Mais le silicium cesse d’exister sous sa forme solide au-delà du seuil des 10 nanomètres, pour devenir un matériau amorphe. Probablement, le silicium n’aura plus la structure nécessaire pour la photolithographie. Le processus industriel de miniaturisation est en train de réduire le silicium jusqu’à produire sa disparition.

Loi de Moore

Qu’est-ce qu’on trouve donc au-delà du silicium ? Une convergence croissante de l’organique et de l’inorganique, du silicium et du carbone, du silicium et des neurones, dans laquelle l’interdépendance des processus matériels de l’information nous conduira à une nouvelle phase de la vie des humains et des machines…

Gilles Deleuze : « Aujourd’hui on assiste à quelque chose de très curieux : la revanche du silicium. Les biologistes se sont souvent demandé pourquoi la vie était « passée » par le carbone plutôt que par le silicium. Mais la vie des machines modernes passe par le silicium : c’est toute une vie non-organique, distincte de la vie organique du carbone. On parlera en ce sens d’un agencement silicium ».

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