Démontage

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« IMAGES DU MONDE ET INSCRIPTION DE LA GUERRE« 1988 Harun Facroki

« Images du monde et Inscription de la guerre » est un essai dont le motif central est la photographie aérienne du 4 avril 1944 du camp d’Auschwitz prise par un avion de reconnaissance américain. Sur cette photographie, les analystes identifièrent les usines environnantes mais pas le camp de concentration et d’extermination. Un montage dialectique et un commentaire distancié composent ce film qui analyse les conditions d’une lisibilité des images, du « voir » et du « savoir » et entrelace polysémie des mots et des photographies.

« Une femme arrive à Auschwitz : le photographe la saisit en plein mouvement. Quelle étrange combinaison, conserver et détruire ! En effet, les nazis ont pris des photos à Auschwitz. Deux SS avaient pour tâche de réaliser des photos-documents sur le camp. Ils ont fixé sur leur objectif l’instant où cette femme débarquait à Auschwitz. Comment utiliser de telles images ? C’est un SS qui a fait cette photo, l’appareil faisait partie de l’équipement du camp. Comment montrer cette photo en la mettant entre guillemets ? » Harun Farocki

 

« Le désespoir, allié à un courage héroïque, a fait de ces nombres une image. » Cette phrase, la dernière d’Images du monde et inscription de la guerre (1988), clôt le film en le faisant basculer dans un nouveau domaine – celui, peu hospitalier, des questions béantes. Car elle vient brouiller un discours qui, même s’il était complexe, restait somme toute saisissable, à savoir – j’y vais à grands traits -, un profond questionnement sur l’utilité humanitaire de la mathématisation des images ou de toute autre façon systématique de transformer les images en données. Prenant, pour point de départ, une anecdote qui veut que la photographie soit née du besoin de documenter le réel en restant à distance, donc à l’abri de ses dangers, et aboutissant aux cartographies militaires, le film sème de sérieuses inquiétudes quant à ces procédures d’abstraction qui nous sont souvent présentées comme de nouveaux jalons (et l’on craint le prochain) dans le triomphe du progrès sur la nature. Notons au passage que tous ces élans de dit progrès et les discours qui les animent semblent oublier que l’humanité fait partie de la nature… (lire la suite)

C’est un film qui m’a beaucoup impressionné par sa construction et son propos, quand je l’ai vu. D’une intelligence folle. Par rapport à ce qu’on fait, cela serait intéressant que tu le vois.

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