Dépendance

Simondon p101

au XXe siècle, l’homme est esclave de sa dépendance par rapport aux puissances inconnues et lointaines qui le dirigent sans qu’il les connaisse et puisse réagir contre elles; c’est l’isolement qui l’asservit et le manque d’homogénéité de l’information qui l’aliène. Devenu machine dans un monde mécanisé, il ne peut retrouver sa liberté qu’en assumant son rôle et en le dépassant par une compréhension des fonctions techniques pensées sous l’aspect de l’universalité.

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Au xXe siècle, ce n’est plus le morcellement hiérarchique ou local de la société qui crée l’aliénation de la société humaine par rapport à l’homme, mais plutôt son immensité vertigineuse, sans limite, mouvante; le monde humain de l’action technique est redevenu étranger à l’individu en se développant et se formalisant, en se durcissant aussi sous la forme d’un machinisme qui devient un nouveau rattachement de l’individu à un monde industriel qui dépasse la dimension et la possibilité de penser de l’individu.

Ce n’est plus d’une libération universalisante que l’homme a besoin, mais d’une médiation. La nouvelle magie ne sera pas à découvrir dans le rayonnement direct du pouvoir individuel d’agir, assuré par le savoir qui donne au geste la certitude efficace, mais dans la rationalisation de ces forces qui situent l’homme en lui donnant une signification dans un ensemble humain et naturel.

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