Homme-machine

pluieaverse

(Du mode d’existence des objets techniques)

Simondon p79 sur la relation homme-machine

cette relation homme-machine est réalisée quand l’homme, à travers la machine, applique son action au monde naturel ; la machine est alors le véhicule d’action et d’information, dans une relation à trois termes : homme, machine, monde, la machine étant entre l’homme et le monde. Dans ce cas, l’homme conserve certains traits de technicité définis en particulier par la nécessité d’un apprentissage. La machine sert alors essentiellement de relais, d’amplificateur de mouvements, mais c’est encore l’homme qui conserve en lui le centre de cet individu technique complexe qu’est la réalité constituée par l’homme et la machine. On pourrait dire que, dans ce cas, l’homme est porteur de machine, la machine restant porteuse d’outils ; cette relation est donc partiellement comparable à celle de la machine outil, si l’on entend par machine-outil celle qui ne comporte pas d’auto-régulation. C’est encore l’homme qui est au centre du milieu associé dans cette relation; la machine outil est celle qui n’a pas de régulation intérieure autonome, et qui nécessite un homme pour la faire fonctionner. L’homme intervient ici comme être vivant…

p81
comme ce qui jadis était employé dans le travail technique était précisément l’individualité de l’homme qui devait se techniciser puisque la machine ne le pouvait pas, la coutume a été prise de donner à chaque individu humain, dans le travail, une seule fonction; ce monisme fonctionnel était parfaitement utile et nécessaire lorsque l’homme devenait individu technique. Mais il crée actuellement un malaise, parce que l’homme, cherchant toujours à être individu technique, n’a plus de place stable près de la machine : il devient servant de la machine ou organisateur de l’ensemble technique; or pour que la fonction humaine est un sens, il est nécessaire que chaque homme employé à une tâche technique entoure la machine aussi bien par le haut que par le bas, la comprenne en quelque sorte, et s’occupe de ses éléments aussi bien que de son intégration dans l’ensemble fonctionnel…

Ainsi le malaise dans la situation relative de l’homme et de la machine provient du fait que l’un des rôles techniques, celui de l’individu, avait été tenu jusqu’à nos jours par des hommes; n’étant plus être technique, l’homme est obligé d’apprendre une nouvelle fonction, et de trouver dans l’ensemble technique une place qui ne soit plus celle de l’individu technique; le premier mouvement consiste à occuper les deux fonctions non individuelles, celle des éléments et celle de la direction de l’ensemble; mais dans ces deux fonctions l’homme se trouve en conflit avec le souvenir de lui-même : l’homme a tellement joué le rôle de l’individu technique que la machine devenue individu technique paraît encore être un homme et occuper la place de l’homme, alors que c’est l’homme au contraire qui remplaçait provisoirement la machine avant que de véritables individus techniques aient pu se constituer…

Il est nécessaire que l’objet technique soit connu en lui-même pour que la relation de l’homme à la machine devienne stable et valide : d’où la nécessité d’une culture technique.

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